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Lundi 16 mars 2026
 
Sur cette page tu trouveras la transcription de l'interview
en dessous de la vidéo et en .docx téléchargeable et modifiable. 

Ce texte peut être utile pour les personnes Sourdes Aveugles.  
Si vous pensez à des façons d'améliorer l'accessibilité du site,
vos remarques sont les bienvenues! 
Bonne découverte! 

1 jour,

1 conseil, 1 interview 

Lundi 16 mars 2026
Le mouvement juste pour ressentir mon pouvoir.

Le yoga, tu connais? On en parle souvent, on voit des postures et des mouvements.. Mais le yoga, c’est bien plus que ça. Une pratique physique connectée à une spiritualité millénaire. 
Laurence nous partage son expérience et ses connaissances sur cette sagesse indienne. 

ATTENTION, ceci n'est PAS une TRADUCTION.
Ce texte est une transcription de l’interview :
Ce texte a pour but de faciliter l'accès aux personnes Sourdes Aveugles qui ne pourraient pas discerner tous les signes de la vidéo. Évidemment, nous sommes ravies si elle peut aider des personnes qui ne connaissent pas la langue des signes. Elle ne reflète en aucun cas le niveau de langue des intervenant.es et et peut parfois être très approximative ou manquer de subtilité.
Cela ne peut aucunement servir comme une traduction. Merci d'en prendre acte.  
 

 

[00'00]

- Bonjour Laurence.


- Bonjour Blandine.


BLANDINE : - Je suis contente de t'accueillir pour cette semaine "Sacré Sumain". Nous avions envie de t'interviewer parce que tu es professeure de yoga. Mais, il y a plein de signes pour le yoga. Quel est le signe que tu préfères toi, Laurence?


LAURENCE - Pour le mot yoga, il y a plusieurs signes. Les mains croisées devant en chin mudra, les mains sur le côté ou encore le ciel et la terre qui se relient. Moi, j'utilise plus les mains ciel et terre ou celui mains croisées sur le devant, ça dépend.


[00'42]
- Donc toi tu es professeure de yoga depuis quand? Comment as-tu découvert le yoga? Quel est ton parcours? Est-ce que tu pourrais nous expliquer?


- Je suis professeure de yoga depuis juillet 2023. Et comment suis-je devenue professeure? Je vais t'expliquer mon parcours. Je travaille dans une grande entreprise et à un moment de ma vie, en 2019, je sentais que j'avais besoin d'aller chercher en moi. J'avais besoin d'analyser et en 2019, j'ai rencontré une coach de vie pour m'accompagner par rapport à mes besoins, mes valeurs, comment avancer et prendre confiance en moi. En échangeant avec le coach de vie, il m'a proposé un week-end de pleine présence. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Être plus en lien avec soi-même, prendre le temps de souffler. Moi j'allais à toute allure et j'en ai oublié qui j'étais. Prendre le temps d'échanger sur des thèmes philosophiques, ça m'a donné l'occasion de découvrir toute ma richesse intérieure. Puis j'ai avancé, il y a eu le Covid en 2020 et pendant le confinement, je travaillais. J'étais tellement stressée, j'avais une grosse pression. Donc dans mon entreprise, mon CE m'a proposé une liste de sports et j'ai choisi le yoga. Je devais faire du yoga, je voulais voir. Bien sûr, c'était du yoga à distance avec l'ordinateur. Moi je suivais un professeur entendante qui vocalisait.
Donc je copiais à peu près les mouvements, les postures et je sentais qu'il manquait quelque chose. J'étais frustrée quand même. Ce n'était pas très clair, ça me faisait du bien mais j'avais envie de plus de précisions. Après en 2022, j'étais convaincue pour mon bien-être d'aller me former au yoga. Vraiment découvrir plus profondément et au programme il y avait la méditation, l'analyse des techniques, la connexion avec mon corps, le nom des muscles, toute l'anatomie. J'ai appris comment s'adapter à chaque corps et puis aussi une philosophie de vie et tellement d'autres choses et bien sûr la pédagogie. C'était très riche, neuf mois d'enseignement et en réalité mon objectif c'était plus de découvrir le yoga, de l'adapter à moi. Concernant la pédagogie, pour avoir l'examen, il fallait enseigner, se mettre en place d'enseignement et s'entraîner. Donc j'ai fait avec des ami.es, avec la famille, mon mari et j'ai commencé à donner des cours. Et aussi j'étais en relation avec Sandrine Herman, une professeure sourde de Bordeaux. On a travaillé ensemble et j'ai appris beaucoup de choses, j'ai avancé et quand mon examen a été fini, après les oraux, les écrits, j'étais tellement contente d'avoir réussi. Pour moi c'était clair que le yoga pouvait me donner du bien-être et par rapport au retour sur moi, c'était une grande clé, j'ai aimé le moment où j'ai pu transmettre et voir les élèves qui se sentaient du bien-être, ça m'a vraiment épanouie.
J'ai senti que les gens avaient besoin de ça. Donc je me suis dit : "bon ok c'est pour moi, je vais aussi l'offrir aux autres." j'ai envie de transmettre ça.C'est pour ça que je suis devenue professeure de yoga.


[06'33]
- Après toutes ces années à découvrir ton parcours, tes rencontres, est-ce que tu pourrais nous expliquer le mot YOGA ? Est-ce que tu saurais donner une définition, le sens du mot précis ?


- La définition du mot yoga, vient d'Inde, il y a très longtemps, plus de 3000 ans, il y a des textes écrits, le Bhagavad Gita. C'est un texte écrit dans une langue ancienne, le sanskrit, c'est une langue très ancienne, indienne, dans ce texte explique toute la philosophie de vie, les pratiques du yoga. Quand on trouve ce texte, il y a le mot YUJ, ça veut dire le lien entre le corps et l'esprit, c'est ça l'origine du mot. Donc Y U J, c'est devenu Y O G A, yoga.


[08'15]
- Tu nous expliques toute cette histoire et parfois aujourd'hui, moi je vois le yoga comme du sport ou une activité et là tu viens de me dire que c'est plus que du sport,
- J'ai vraiment envie d'expliquer le concept de sport. Par exemple en tennis, en paddle, en foot, en rugby, en basket, l'objectif premier c'est de réussir. Participer à une compétition, réaliser un défi, une course, montrer sa puissance et avoir une performance. Si on regarde vers le yoga, alors les pratiques, les postures prennent du temps et respectent le corps. Il n'y a pas de violence, la progression prend du temps sans jugement. On pourrait se comparer aux autres : "comme les autres font ça et pas moi.." Non, l'objectif du yoga c'est le bien-être et l'évolution petit à petit. Le yoga n'est pas un sport, c'est plus comment je suis en relation avec mon corps, comment je me respecte, je prends le temps. Attention, on peut transpirer en yoga, il y a des pratiques qui sont fortes mais toujours avec respect. Il n'y a pas de violence, d'acharnement pour arriver jusqu'au bout, j'essaye d'écouter et de respecter mon corps. Progressivement, j'évolue.


[10'12]
- Quand je vois cette philosophie d'écoute du corps, en fait ça veut dire que quand je vais aller travailler avec mon corps, je vais évoluer aussi au niveau de mon esprit, ça marche en parallèle ?


- Le yoga c'est un chemin vers soi, je peux par exemple avoir un corps très dur. Quel événement ne m'a fait courber les épaules? Qu'est-ce qui s'est passé qui m'a créé des angoisses ? C'est un chemin de compréhension du corps. " ah j'ai les épaules courbées..", petit à petit je vais pouvoir m'ouvrir et en fait ça aide. Par exemple à s'ouvrir, le corps exprime beaucoup de choses vraiment, il y a des émotions, il y a beaucoup d'informations. C'est important de s'écouter pour pouvoir évoluer et être dans un mieux-être.

[11'11]
- Je vois que parfois associé au yoga il y a des noms complètement différents, hatha yoga, vinyasa yoga, il y a plein de noms, moi parfois ça m'apporte de la confusion. Est-ce que tu peux nous expliquer la différence entre tous ces yoga qui existent?

- C'est une bonne question. Il y a une multitude de styles de yoga. A l'époque en Inde, en sanskrit: il y a le hatha yoga. Le signe se fait ainsi. Il faut couper le mot en deux. HA qui veut dire soleil: toute l'énergie de la chaleur, la vitalité. THA qui est plus une énergie froide, calme comme la lune, d'où le signe (qui mélange le soleil et la lune). Ça apporte du calme, une structure tranquille avec un équilibre au niveau de l'énergie chaude et froide et ça permet de tempérer. Le vinyasa yoga, c'est un signe avec les deux jambes en l'air. C'est un yoga plus dynamique, beaucoup plus fluide avec un enchaînement de postures et à chaque mouvement s'associe une respiration. C'est vraiment un enchaînement assez libre et chacun.e pratique à son rythme, il n'y a pas forcément volonté de vitesse. Chacun.e fait pour que ce soit fluide pour soi. Le troisième, ashtanga, ça va être un yoga que moi je n'ai pas de signe pour le nommer. C'est un style avec huit membres, huit piliers dans sa philosophie. Ce style est vraiment très énergique, il y a des répétitions. On répète plusieurs fois un enchaînement, c'est très physique. Ca fait beaucoup travailler le cardio. Les structures sont tout le temps les mêmes et on les répète sans cesse.Par rapport au vinyasa, ça sera beaucoup plus une création dans l'enchaînement des mouvements.


[14'11]
-Donc de l'histoire jusqu'à maintenant tu viens nous expliquer que ça s'est divisé mais en combien de pratiques différentes exactement ?
-Ces trois pratiques différentes sont les principales, dans l'histoire de l'Inde. Là maintenant il est apparu le yin yoga, c'est plus une origine chinoise. Ça va être un yoga très lent et très profond. Pour une posture on va pouvoir durer dans la position pendant deux minutes. C'est bien pour les étirements. C'est génial .Là on voit en effet que ça évolue au 20e siècle : il y a l'acroyoga et d'autres créations mais à la base il y avait le hatha yoga, le vinyasa yoga et l'ashtanga yoga.


[15'19]
- Donc quand tu travailles en tant que professeur et avec tes élèves, c'est quoi ton style et comment se passe un cours ? Est-ce que c'est toujours pareil ou est-ce qu'il y a différentes parties, est-ce que tu peux nous expliquer ton organisation ?


- Quand j'enseigne, je peux enseigner parfois aux entendant.es avec ma voix et du coup les personnes peuvent pratiquer en même temps que je parle. Je propose aussi du yoga pour les sourd.es, donc c'est différent comme style. Les personnes sourdes signent plus, donc ça m'impose d'autres méthodes de travail où il va falloir être plus visuelle. D'abord montrer, signer, expliquer et seulement après on pourra pratiquer. Imagine que la personne est dans sa posture du chien tête en bas par exemple, donc arc bouté vers le sol et qu'elle doit bouger la nuque, tourner la tête pour m'écouter, ce n'est pas possible. Donc c'est important que chacun.e soit bien et qu'à la fin du cours chaque personne se sente mieux. J'explique la consigne avant et seulement ensuite,on peut pratiquer la posture.
Peut-être chaque professeur a une méthode différente. Il y a beaucoup de personnes qui ont pratiqué le yoga avec des professeurs qui vocalisent et oui c'est sûr que cette idée de devoir tourner la tête pendant la posture, ça force le professeur à s'adapter, à recréer des conditions de travail avec les yeux fermés, ouverts, c'est spécial. Je me suis aussi pendant mes cours avec les personnes entendant.e.s, il y en a qui préféraient que je ne parle pas et qui me demandaient le silence.
Toute la journée, elles sont dans un monde de bruit et là le soir pendant le cours elles n'en peuvent plus le soir. Elles sont saturées. Il y en a qui m'ont dit : "s'il te plaît est-ce qu'on peut faire le cours en silence? Tu nous montres ça suffit."
C'est intéressant, il y a des entendant.e.s qui viennent dans mon cours et qui me demandent de leur montrer les postures pour leur apporter plus de calme. Il y a des professeur.es entendant.e.s qui parfois mettent de la musique en cours et qui montent le son au fur et à mesure pour soutenir l'effort. Donc ça va dépendre de chaque professeur.e et de sa façon de travailler, de sa pédagogie. Moi je vois ce que veulent les élèves et j'essaie de m'adapter à leur demande. C'est important que chaque personne se sente bien pour trouver du calme.


[18'38]
-.Ca veut dire qu'en étant professeure sourde, plus sensible au silence et à travailler de façon visuelle, c'est un avantage pour ces personnes-là.


- Quand le professeur s'exprime trop, pour moi c'est vrai qu'il y a trop d'informations et même parfois dans un message, si on en met trop, la communication échoue. C'est vraiment une question d'équilibre entre le visuel, parce qu'on a des yeux pour voir, on a un nez pour respirer, on a une bouche pour parler, des oreilles pour entendre. Bon, moi je suis sourde, je n'entends pas. Mais ce n'est pas grave, c'est une grande richesse.
Tout est complémentaire. C'est magnifique. C'est vrai que les entendant.e.s me disent qu'ils sont entre le métro, l'avion, le bruit de travail, les cris, etc. "Où est-ce qu'on peut trouver un espace de silence ?" Et parfois les entendants ont peur du silence. Il y en a... et ça m'a surprise! " Ah bon ? Vous avez peur du silence ?" Il y en a d'autres chez qui ça fait un grand bien.
C'est la différence inter-individuelle qui est une grande richesse.

[19'54]
C'est ça l'avantage d'avoir une professeure sourde. Venir inspirer le silence.


- Nos mains ont tellement de valeur, la grande richesse des mains. Et pouvoir aussi partager l'image en mime.


[20'13]
Tu signes tout à l'heure "chien tête en bas, la tête en bas, les jambes tendues". J'ai aussi vu au yoga la posture du chameau avec une tête en arrière, le chat. Il y a beaucoup de noms comme la vache. Tu peux me dire pourquoi ?


- Les noms de posture sont souvent des noms d'animaux.
C'est des symboles importants dans la philosophie chinoise ou indienne. Vraiment, on donne une grande valeur aux animaux. À l'époque, les maîtres en yoga en Inde, il y a plus de 3000 ans, étaient très liés à la nature. Le yoga est très connecté à la nature. Donc quand on va et qu'on observe vraiment les animaux, leur façon de bouger, c'est toujours très fluide. Et en les imitant, on a observé que ça nous faisait du bien.
Les mouvements, les actions, la vitalité, mais aussi le repos. L'imitation nous a permis, donc là par exemple, chien tête en bas, comme tu disais, permet d'étirer. On se positionne en avant et ça permet d'étirer toute la colonne vertébrale. Et quand je me recroqueville sur moi, de pouvoir vraiment m'ouvrir complètement. Le chat par exemple, ça fait le dos complètement courbé et ça étire tout le bas du dos. Les animaux sont très présents. La tortue par exemple, qui permet de donner une énergie très calme, une concentration. Il y en a tellement. L'oiseau, la posture de l'oiseau, c'est vraiment le symbole de liberté. On s'ouvre comme si on avait des ailes. Elle est très difficile, elle permet d'avoir le cœur ouvert, un équilibre entre notre liberté et une grande expansion. Elle est juste géniale.
Les posture des animaux, il y en a beaucoup, elles sont très puissantes. Chaque animal a une énergie différente. Il peut m'apprendre à mon corps humain à s'adapter, à se faire du bien.


[23'00]
- Ce lien à cette nature, c'est un peu comme si c'était une bibliothèque, en fait! En fait, chaque animal devenait un professeur inspirant, qui me permet, moi humain, de me développer grâce à eux.
- Exactement! Aussi autrefois, il n'y avait pas forcément de médicaments. Quand je m'adapte aux animaux, à la nature,et si j'ai mal au dos, comment je peux me soulager ? Il y a des mouvements qui viennent vraiment apporter du soutien. Donc, quand on voit du yoga, on peut voir vraiment, pour les humain.e.s, comme un grand soutien. c'est pour ça que l'on a donné les noms de ces animaux à ces postures.


[23'55]
-Donc, ça veut dire que si on pratique le yoga régulièrement, ça va nous donner une bonne santé dans le corps et peut-être j'aurai moins besoin de médicaments ? Est-ce que c'est un des objectifs ?


- Bien sûr, évidemment, on ne va pas pouvoir supprimer les médicaments selon les maladies et leurs gravités comme des cancers ou d'autres pathologies.Mais imagine, j'ai un blocage du dos. Moi, la semaine dernière, j'ai eu un blocage, je me suis étirée. Il y a des postures comme le pigeon qui permettent d'étirer la sciatique et ça va beaucoup m'aider à étirer.
Justement, cette zone-là, ça fait bien fou, je n'ai pas eu besoin de médicaments. Donc, en s'étirant une semaine, les douleurs partent.

 

[24'54]
- Du coup, le yoga va me permettre de m'étirer. Est-ce que ça me portera de la force ?
- Oui, c'est très juste. C'est un mélange entre la force et la souplesse. La souplesse seule ne suffit pas. Il faut travailler la force pour avoir de la souplesse.


[25'19]
- Le yoga donne un équilibre entre mon corps et mon esprit, entre ma souplesse et ma force. Cette balance intégrée dans mon corps, forcément, j'aurai une santé plus meilleure et durable.


- Je pense que oui, personnellement. Le yoga me donne plusieurs sensations. D'abord, au niveau physique, au niveau de ma force et du respect de mon corps, de ne pas vraiment surpasser mes limites. Avoir de la souplesse. Deuxièmement, ça me donne une sensation de concentration au niveau mental, des respirations qui viennent m'apporter plus d'oxygène pour mes muscles, pour ne pas vraiment me scléroser, mais pour que l'air puisse vraiment pénétrer jusqu'au bout de toutes mes cellules. Et en troisième, je dirais que ça me donne, au niveau émotionnel, de me sentir plus libre. Quand je suis coincée dans mes émotions, et que je ne sais pas comment gérer. Mon bas-ventre garde les émotions et je vais avoir du stress, des tensions, et je ne vais pas pouvoir... Il y a des structures qui permettent d'ouvrir le bas-ventre. J'ai déjà vu quand certain.es élèves travaillent à l'ouverture du bas-ventre qui se mettent à pleurer. Ce n'est pas grave, c'est bien de pleurer, ça libère toutes les émotions qui sont bloquées, de pouvoir évacuer. Ce n'est pas bon de garder ça. Et garder les émotions, ça va provoquer des maladies, ça va s'accumuler. Non, il faut vraiment que je m'en débarrasse petit à petit. Quand j'ai les épaules toutes recourbées, ça peut avoir plusieurs sens, c'est soit dû à mon histoire, pour me protéger, ou encore à la tristesse en amour, et j'aurai envie de me replier sur moi-même. Et toute l'histoire de mon corps s'inscrit dans mes postures. Le yoga va m'apporter de retrouver ma posture naturelle. Et ça, petit à petit, je vais pouvoir m'ouvrir.
 

[27'42]
- J'imagine qu'il y a des personnes qui n'ont peut-être jamais pratiqué de yoga, et qui ont des douleurs déjà présentes, qui en auraient besoin. Quel est le niveau nécessaire pour pouvoir participer à tes cours ? Quelle est la base qu'il faut avoir déjà ? Comment on peut rejoindre ?


- Le yoga, c'est pour tout le monde, et ça sera adapté à toutes les personnes. Évidemment, l'enseignant.e s'adapte. Chaque corps est différent. Donc moi, par exemple, j'observe les douleurs de chaque personne, et je vais l'aider à trouver comment évoluer petit à petit. Quand il y a eu des opérations très lourdes, comme des opérations du dos,on ne va pas du coup faire certains exercices qui forcent sur la colonne, ou qui mettent le corps vers l'arrière. Je vais éviter. Il y a d'autres moyens pour ça. Alors attention, je ne suis pas yoga thérapeute. Il existe une formation qui est adaptée pour vraiment les personnes avec de grands problèmes de santé. Mes propositions à moi vont plus soutenir par rapport au stress, par rapport au relâchement, au pouvoir travailler, l'ouverture du buste, et les yoga thérapeutes existent.


[29'10]
- Et alors peut-être que des personnes qui se sentent déjà âgées, est-ce qu'il y a des solutions pour pouvoir faire un yoga différent, peut-être avec de l'aide, est-ce que ça existe ?


- Le yoga est vraiment pour tout le monde, donc quel que soit l'âge, quelle que soit la structure du corps, peut-être jusqu'à 60, 70, même des gens qui sont en très bonne condition physique. Et il y a des gens à 80 ans, pourquoi pas, qui pourraient pratiquer. On peut faire du yoga sur chaise.
On va s'étirer. Et ce qui est important, c'est ce que ça apporte vraiment, que ça me fasse du bien. Et quand bien même, j'ai 80 ans, je vais pouvoir étirer mon corps, et ça va toujours apporter un mieux-être.
Alors je ne vais peut-être pas forcément faire les mouvements dans toute l'amplitude, mais si déjà je suis en train d'aller au plus haut de ce que je peux faire, si je ne le fais pas, ce serait pire. Donc sur chaise, on va pouvoir aller dans des mouvements des épaules. Alors une personne jeune fera la rotation complète. Et si on sent une douleur, on peut aller au maximum de ce qu'on sait. Chaque corps a une histoire différente, et c'est important de suivre ça. Il y a aussi, regardez, je vous montre une lanière.
Alors ce n'est pas la peine de se juger. Ou d'avoir des limites, non, il n'y a pas de jugement. Et si j'ai besoin de m'écouter, et si une lanière peut m'aider, ou alors une brique, ça va pouvoir se positionner et aider. Il y a de nombreux outils pour s'adapter à aider chaque corps.


[31'00]
- Peut-être qu'on peut penser que les personnes vont me juger, mais parfois c'est moi-même qui me juge en voyant une posture, en disant : "mais non, je suis nul.le, je ne vais pas pouvoir faire ça". Il faudra faire plus d'efforts. Que faire quand on est bloqué dans ses propres jugements? Est-ce que le yoga peut aider à s'accepter sur son chemin et à gagner en patience, observer, voir les jugements des autres, mais aussi ses propres jugements sur soi, ce n'est pas facile.


- Parfois dans la vie, on croit qu'il faut être parfait, de nombreuses injonctions. Oui, en effet, mettre de côté ces injonctions et penser à soi. Et c'est vraiment primordial de respecter soi-même. Je suis trop gros.se ou ça, je ne peux pas. Je peux vraiment remercier mon corps d'être là, l'accepter. Oui, j'ai mal à un endroit, ça arrive d'avoir mal. Il y a toujours un message. Pourquoi j'ai mal? Je vais pouvoir soigner cette partie. Le yoga va m'aider à vraiment apporter de l'espace dans le corps.


[32'16]
- Ce message, si je prends le temps de l'écouter, ça va aussi apporter de l'air dans mon esprit et de la souplesse dans mon esprit.

 

- Oui, la vie aujourd'hui, on est beaucoup à l'extérieur, même trop, et on s'oublie soi-même. Allez, c'est Noël, il faut aller vite acheter les cadeaux, vite! Ça vient nous stresser et inconsciemment, on en garde des traces. Oui, c'est les soldes, il faut vite que j'aille prendre des choses à la mode comme les autres. Mais c'est trop avec nos portables, avec tellement de choses à l'extérieur. Et moi, qui suis-je? Comme si je forçais mon corps et qu'il s'obligeait à s'adapter aux autres ou à des formes extérieures. Mais en fait, quand est-ce que je m'écoute? Ah non, si j'oublie de m'écouter, mon corps n'est pas un outil, mon corps a beaucoup de valeur. Il me porte. Merci de me faire marcher. Merci de me laisser manger. C'est une grande valeur, ce n'est pas la poubelle ou... C'est vraiment important de porter attention à soi.


[33'42]
- Ça me rappelle, tout à l'heure, tu commençais l'interview et tu nous expliquais la définition du le sport, la compétition. Où il faut aller au-delà de ses limites et je sens que le yoga, c'est un défi de s'écouter soi-même, peut-être. Comment je vais pouvoir vraiment être en présence avec mon corps régulièrement?

- Ce n'est pas facile.C'est toujours plus facile de voir à l'extérieur et d'aller vers soi-même. C'est très difficile de s'accepter: qui je suis, quelle est ma valeur? En effet, ce n'est pas facile.


[34'00]
- Donc, c'est ma dernière question. Dans ta vie, sur ton chemin, quand tu ne connaissais pas le yoga et puis tu as intégré le yoga dans ta vie quotidienne, tu as avancé. Qu'est-ce que ca t'apporté de plus important? Dans ta vie de tous les jours, dans ta vie personnelle, familiale ou d'autres lieux, qu'est-ce qui est le plus important pour toi?


- Le yoga m'a donné beaucoup de choses. J'ai pris conscience de toute ma valeur à l'intérieur. Toutes ces sensations physiques, quand j'ai une crispation au travail, dans ma vie quotidienne, toute la tension de pouvoir décharger. Mes muscles étaient tellement crispés en les étirant. Moi, je prends très peu de médicaments. Vraiment, j'écoute mon corps et de ce dont il a besoin. Prendre un médicament et se dire après que le problème est réglé, c'est fini et je serais en forme après. J'ai fini de me soigner sur le moment, mais en fait, la douleur est là. En faisant vraiment ce travail d'étirement des muscles, je vais mieux vieillir. Quand on est jeune, oui, tout fonctionne, mais au fur et à mesure où on avance dans l'âge, trouver le calme et s'apporter du soin. J'ai vraiment compris ça et ça m'a beaucoup aidé. Le stress au travail amène un mental qui est complètement chargé, qu'il faut pouvoir apaiser. Gérer les émotions aussi pour se débarrasser des émotions. En famille, quand il y a beaucoup de monde, pouvoir trouver la limite, prendre des distances avec notre famille, nos ami.es et dans la vie de tous les jours. Pourquoi est-ce qu'on va si vite? Qu'est-ce qui est vraiment urgent? Je vais faire les choses étape par étape. Et pour moi, c'est important de vivre le moment présent.
Penser au futur... , comprendre le passé? J'ai compris, mais quand j'avance aujourd'hui, comment je peux vivre le présent? Je veux être vraiment présente, respirer, profiter du présent. Pourquoi attendre demain? Tout est maintenant.


[36'51]
- Merci beaucoup, Laurence, d'avoir osé partager avec nous, d'être ensemble ici sur cet événement.
- Au revoir!

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